Eduquer sans crier

12 mai 2015

gary combine

Notre petit G. est parfois un peu difficile à gérer ces derniers temps. Il expérimente l’insolence, sait exactement où appuyer pour nous blesser, questionne le bien-fondé de notre autorité. Il n’a que 8 ans et demi, et parfois je me dis que l’adolescence s’annonce prometteuse… Du coup, il y a des jours où niveau décibels c’était pire que d’assister à un concert de métal sans boule-quiès. Nos oreilles et nos nerfs, et notre couple, et notre famille, – et nos voisins  les pauvres! – ont quelque peu souffert. Jusqu’au jour où nos oreilles et nos nerfs (mais pas nos voisins) ont dit stop. De toute façon, on se heurtait à un mur. Plus on criait, plus on tentait d’imposer notre autorité en force, plus l’enfant se rebellait, criait, claquait sa porte, se moquait de nous. Nous nous sentions persécutés par cet enfant qui remettait tout en cause: de la maison où il vivait, jusqu’à l’heure du coucher en passant par la nourriture servie à table. L’escalade. A ce rythme on aurait atteint l’Everest en quelques jours. La méthode classique et nous-mêmes étions épuisés… Nous étions tous enfermés dans des monologues débités au mégaphone. Nous étions tellement épuisés que nous pensions manquer d’énergie pour entreprendre les changements nécessaires à une véritable révolution domestique. Nous ne distinguions plus les problèmes véritables, les tracas anodins, les ennuis fantasmés. Je ne sais pas si tous les enfants méprisent par nature l’autorité, les normes, les conventions – puisque justement elles semblent toutes arbitraires – certains étant simplement plus coopératifs que les autres. Toujours est-il que ces épisodes de conflit nous ont poussé dans nos retranchements. Cela en devenait d’autant plus frustrant que j’adore G., que nous partageons ensemble de merveilleux moments (et souvenirs), et que la plupart du temps il est « amour » comme il aime à dire. Aidés par des heures de discussion, nous avons décidé son papa et moi de tout changer. Nous avons convenu qu’il fallait faire de G. un véritable acteur de son éducation. Nous avons convenu qu’il ne fallait plus crier ou essayer de passer en force. Même si nous sommes absolument rétifs à la violence à l’égard des enfants, même si nous discutons beaucoup avec eux et justifions nos choix, même si la bienveillance et le respect de l’autre font partie de nos valeurs cardinales, je me suis rendue compte que bien souvent nous exerçons sur eux un autre type de violence – celui des préjugés liés à l’éducation.

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Voici quelques règles toutes simples que nous tenons désormais pour primordiales. Même si, pour la plupart, elles sembleront aller de soi, ce n’est pas toujours évident de s’y tenir!

Règle n°1: ne plus crier, ne jamais menacer de violence;

Règle n°2: motiver plutôt que punir;

Règle n°3: ne jamais dénigrer;

Règle n°4: responsabiliser l’enfant en lui donnant le choix (des ses vêtements, de ses loisirs…);

Règle n°5: se respecter tous et chacun;

Règle n°6: s’engager à passer du temps de qualité avec nos enfants, quitte à moins les voir;

Règle n°7: faire la distinction entre ce qui est un problème pour nous (parents et société)/ ce qui est un problème pour l’enfant / ce qui est un problème pour notre relation avec l’enfant. (Merci Virginie pour cette tripartition très utile!!) Ainsi, apprendre à son enfant à traverser la rue au vert n’est pas juste arbitraire, cela concerne sa sécurité et son intégrité physique dont nous sommes garants: non négociable, lui expliquer pourquoi. Manger ce que j’ai préparé à dîner si cela rentre dans les catégories d’aliments que les enfants aiment d’habitude: moyennement négociable, et en fonction de l’état de l’enfant lui expliquer pourquoi. Mettre ce pantalon plutôt que tel autre: totalement négociable. En revanche porter ses lunettes de soleil à la montagne: non négociable. Il s’agit par là de l’associer activement à son éducation et lui faire comprendre les fondements des règles. Car ce n’est pas parce qu’une règle est arbitraire (ne pas manger la bouche ouverte) que toutes le sont.

Règle n°8: Faire des challenges avec l’enfant en fonction des points que l’on veut améliorer (écouter quand on parle, faire son lit, ne pas être insolent, ne pas embêter ses camarades, etc.), puis faire un bilan tous les jours et en fin de semaine. Si le challenge est réussi (selon des modalités à définir avant), alors l’enfant a droit à un plaisir inhabituel, à faire quelque chose jusqu’alors interdit, etc. (toujours selon des modalités définies avant, et en accord avec l’enfant).

Il y a encore beaucoup de choses que je souhaiterais intégrer dans cette liste! Par exemple faire de la méditation quotidiennement avec G.; développer les activités manuelles pour accroître sa confiance en lui; intégrer dans son emploi du temps une activité avec des animaux; stimuler son aisance dans les sports et lui apprendre les sports d’équipe, etc. Tout un programme!

Voilà, cela fait une petite semaine que la révolution a eu lieu à la maison. Pour l’instant, G. adore ses challenges, se montre beaucoup plus coopératif, anticipe ce qu’on lui demande et semble commencer à bien se représenter le temps. Mais surtout il a l’air fier de lui! Nous avons encore de nombreux progrès à réaliser, mais je nous sens sur la bonne voie!

Et vous vous faites comment quand ça coince avec vos enfants?

 

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4 Comments

  • Reply sophie mum 13 mai 2015 at 13 h 24 min

    merci pour to article je vais prendre note du point 8 pour les challenges ca peut permettre a ma fille de mieux comprendre les regles.

    • Reply cecilia 13 mai 2015 at 15 h 17 min

      Merci 😉 Pour l’instant c’est efficace, à voir sur le long terme!

  • Reply Le Quotidien d'une Maman 16 mai 2015 at 14 h 31 min

    J’aimerais tellement ne plus avoir à crier sur mes enfants, que se soit juste calme à la maison!
    Ici ma grande a 4 ans et mon petit 2 ans et demi.
    La plupart du temps ce sont des anges… mais parfois c’est bouhhhhh l’enfer!!
    Ils n’écoutent rien, se moquent de moi (je pense qu’à force de les gronder c’est ce qui finit par se passer), me provoquent. Et forcément quand un le fait, tu peux être sûre que le second fera de même.

    Ma fille est par moment capricieuse donc je lui explique que c’est pas en pleurant et en hurlant qu’elle obtiendra ce qu’elle veut et lorsqu’elle ne veut pas se calmer je la met dans un coin, je la laisse se calmer et dès qu’il n’y a plus de pleurs je lui demande de revenir me voir et on discute et elle s’excuse pour mon fils tout pareil.
    MAis j’aimerais, j’adorerais pouvoir faire autrement. Ne plus avoir à crier, à punir. JE déteste mettre une fessée mais parfois je suis tellement en colère qu’une petite tape sur les fesses part (ça a du arriver 2 ou 3 fois) et là je me sens la pire mère du monde, je ne mérite pas d’avoir des enfants. Ma maman m’en a mis des fessées et des gifles et comme elle me l’a dit, ke n’en suis pas morte mais pour moi je ne veux pas tomber dans ce système là. HORS DE QUESTION!!!

    Du coup je cherche désespérément comment faire pour ne plus crier et vivre sereinement!

  • Reply laetigior 16 mai 2015 at 14 h 32 min

    J’aimerais tellement ne plus avoir à crier sur mes enfants, que se soit juste calme à la maison!
    Ici ma grande a 4 ans et mon petit 2 ans et demi.
    La plupart du temps ce sont des anges… mais parfois c’est bouhhhhh l’enfer!!
    Ils n’écoutent rien, se moquent de moi (je pense qu’à force de les gronder c’est ce qui finit par se passer), me provoquent. Et forcément quand un le fait, tu peux être sûre que le second fera de même.

    Ma fille est par moment capricieuse donc je lui explique que c’est pas en pleurant et en hurlant qu’elle obtiendra ce qu’elle veut et lorsqu’elle ne veut pas se calmer je la met dans un coin, je la laisse se calmer et dès qu’il n’y a plus de pleurs je lui demande de revenir me voir et on discute et elle s’excuse pour mon fils tout pareil.
    MAis j’aimerais, j’adorerais pouvoir faire autrement. Ne plus avoir à crier, à punir. JE déteste mettre une fessée mais parfois je suis tellement en colère qu’une petite tape sur les fesses part (ça a du arriver 2 ou 3 fois) et là je me sens la pire mère du monde, je ne mérite pas d’avoir des enfants. Ma maman m’en a mis des fessées et des gifles et comme elle me l’a dit, ke n’en suis pas morte mais pour moi je ne veux pas tomber dans ce système là. HORS DE QUESTION!!!

    Du coup je cherche désespérément comment faire pour ne plus crier et vivre sereinement!

    http://cemondeamoi.com/

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